Méthodes

Collecte de données

Il n’y a pas eu de collecte systématique de données dans le cadre du présent Atlas comme ce fut le cas, par exemple, lors du Southern African Bird Atlas Project (Harrison, 1997). J’ai plutôt décidé de communiquer avec toutes les personnes qui, à ma connaissance, ont fait des observations ornithologiques en Mauritanie et dans les régions avoisinantes et j’ai également consulté le plus grand nombre possible d’ouvrages scientifiques sur la faune aviaire de la région. Cette approche m’a permis de recueillir des données auprès de 114 sources différentes, dont 78 sources de données sur la Mauritanie. Ces sources sont présentées à la page Sources et elles comprennent des articles et des ouvrages publiés, des rapports non publiés, des fichiers de vidage de bases de données de diverses organisations ainsi que des tableaux ou des notes que des personnes ou des groupes d’observateurs m’ont transmis par courriel. En 2007, j’ai conçu avec un collègue un bordereau de saisie de données comprenant 27 colonnes et dont chaque ligne correspond à une observation. Ce bordereau a été traduit en français par Raphaël Bussière. Quelques sources ont utilisé le bordereau de saisie de données pour soumettre leurs observations et j’ai transféré les observations provenant des autres sources sur des bordereaux, souvent à l’aide de procédures automatisées exécutées par des macro-instructions. Le tableau des sources indique le nombre total d’observations attribuables à chaque source, lequel varie de 1 à 17 186 observations. Les données ont été recueillies de mars 2007 à mars 2014.

J’ai créé un point d’observation à partir des données fournies pour chaque observation, y compris la latitude et la longitude. La précision de la majorité de ces points pouvait atteindre jusqu’à une minute, mais le degré de précision était inférieur pour environ 1 % des observations. Néanmoins, il a été déterminé que toutes les observations étaient suffisamment précises pour que le seuil de précision nécessaire à la production des cartes (30 minutes) soit respecté. Aucune carte n’a été générée pour les quelques espèces rares dont les observations présentaient un degré de précision inacceptable. En plus des observations indiquant la présence d’une espèce, d’autres observations ont été intégrées, lorsque cela était justifié, pour indiquer qu’un indice d’hivernage d’une espèce holarctique migratrice a été rapporté ou qu’un indice de nidification a été rapporté pour l’espèce.

Cartes de répartition des espèces

À partir des points d’observation, j’ai créé un fichier composite comprenant toutes les espèces ainsi que les renseignements suivants sur chaque espèce : nom scientifique, latitude et longitude de chaque observation et code indiquant la présence, l’hivernage ou la nidification de l’espèce. J’ai traité ce fichier à l’aide du logiciel DMAP (http://www.dmap.co.uk), ce qui m’a permis de générer une carte de répartition pour chaque espèce. Sur chaque carte, on peut voir que toutes les parcelles d’un demi­degré carré où on a rapporté au moins une observation de l’espèce sont affichées en vert. Le nombre d'observations n'est pas pris en compte, car cela dépend principalement du nombre d'observateurs. À la parcelle verte s’ajoute, le cas échéant, un cercle bleu pour indiquer qu’un indice d’hivernage d’une espèce holarctique migratrice a été rapporté ou un cercle rouge pour indiquer qu’un indice de nidification a été rapporté pour l’espèce.

Un indice d’hivernage d’une espèce holarctique correspond à l’observation d’une espèce holarctique migratrice connue rapportée en décembre ou en janvier (Browne, 1982). La plupart des espèces holarctiques migratrices présentes en Mauritanie proviennent du nord de l’Eurasie (région paléarctique), mais certains individus sont originaires de l’Amérique du Nord (région néarctique), p. ex. le tourne-pierre à collier [Arenaria interpres] (Isenmann, 2006) et le traquet motteux [Œnanthe œnanthe] (Bairlein et coll., 2011). Il existe deux catégories d’indices de nidification : « fort » et « plud faible ». Un indice de nidification « fort » signifie qu’un observateur fiable a signalé la présence d’œufs, d’oisillons ou de jeunes ayant récemment quitté le nid ou que des indices de nidification sont rapportés pour un site donné depuis de nombreuses années. Un indice de nidification « plus faible » signifie que la construction d’un nid, la simulation d’une blessure, un comportement de défense de territoire ou un chant territorial a été observé ou que des observations de nidification isolées ont été publiées, mais qu’elles ne sont pas étayées par des éléments de preuve supplémentaires.

Les liens de la page Cartes permettent d’accéder aux cartes de près de 500 espèces. Les liens sont présentés dans le même ordre que les descriptions des espèces dans l’ouvrage Oiseaux de Mauritanie – Birds of Mauritania (Isenmann et coll., 2010) et les numéros de pages figurent à côté des liens. La première colonne indique le numéro de page, la deuxième colonne indique le nom scientifique (latin) et elle contient également un lien vers la carte correspondante, la troisième colonne indique le nom français et la quatrième colonne indique le nom anglais. Prendre note que, pour certaines espèces, il manque de l’information dans certaines colonnes ou qu’il n’y a pas de carte parce qu’il a été impossible de créer un point d’observation suffisamment précis. De plus, de nouvelles observations ont permis de produire des cartes de répartition pour des espèces qui ne figurent pas dans l’ouvrage d’Isenmann et coll. (2010).

Site Web : Créé avec Microsoft FrontPage et LeechFTP.

Observations omises

Il y a quelques décennies, B. Lamarche a publié un atlas de répartition des oiseaux de Mauritanie et du Mali (Lamarche, 1993) ainsi que des listes commentées des oiseaux de ces deux pays (Lamarche, 1980-1981 et 1988). La fiabilité de certaines de ces publications a été remise en cause (Borrow et Demey, 2004, p. 16; Fry et Keith, 2004, p. xiv-xv) et les doutes exprimés à l’égard de certaines observations du Mali ont été renforcés par Dowsett-Lemaire et Dowsett (2005). De plus, Isenmann et coll. (2010) ont écarté les observations de 68 espèces rapportées par Lamarche en Mauritanie parce qu’elles semblaient douteuses voire erronées, insuffisement documentées ou vues par un seul observateur. Depuis, d’autres observateurs ont confirmé la présence en Mauritanie de trois de ces espèces (Schulz et Walther, 2013; Brouwer et coll., 2013). Lamarche n’a pas fourni les coordonnées de ses observations, mais j’ai pu créer quelques points d’observation d’après l’information fournie dans ses publications. Cependant, compte tenu du fait que Lamarche a recensé un grand nombre d’espèces en Mauritanie dont la présence n’a toujours pas été confirmée par d’autres observateurs, que les observations du Mali ont été remises en cause et que Lamarche n’a apparemment jamais publié de renseignements qui permettraient de confirmer ses observations, j’ai décidé de faire preuve de prudence et d’exclure toutes ses observations de ce site Web, y compris celles qui sont mentionnées dans l’ouvrage d’Isenmann et coll. (2010).

J’estime que d’autres observations ayant servi à l’élaboration du présent Atlas pourraient être critiquées au regard des critères d’Isenmann et coll. (2010) mentionnés ci-dessus. Malheureusement, je ne disposais pas des ressources requises pour procéder à une sélection et à une vérification rigoureuses de toutes les observations soumises. Je crois qu’il serait judicieux que la Mauritanie se dote d’un comité d’homologation chargé de confirmer les observations d’oiseaux, comme cela a été fait dans d’autres pays.

Remerciements

Je tiens à remercier les nombreux observateurs (consulter la page Sources) dont les données m’ont permis de créer le présent Atlas. De nombreux autres observateurs ont recueilli des observations dans des régions voisines de la Mauritanie, notamment au Sénégal, au Mali et en République arabe sahraouie démocratique (Maroc). Leurs données serviront à produire des prévisions des aires de répartition et leurs contributions seront reconnues une fois que ces aires de répartition auront été intégrées à l’Atlas. Je souhaite remercier chaleureusement Alan Morton, le créateur du logiciel DMAP (http://www.dmap.co.uk), pour ses conseils et son aide indéfectible ainsi que Raphaël Bussière pour la traduction française des bordereaux de saisie de données et des directives.

Peter Browne, Ottawa, Canada